Présence militaire renforcée avec l'appui des forces spéciales, ravitaillement en vivres et en eau, reconstruction des bâtiments officiels : les autorités nigériennes ne s’en cachent pas, elles s’attendaient à des représailles du groupe Boko Haram.
« On savait que Baroua serait attaquée parce que Boko Haram essayera par tous les moyens de saboter le retour des populations », explique Issa Lémine, gouverneur de la région, joint par Guillaume Thibault à Diffa.
D’où la présence importante des forces de sécurité pour protéger tout le secteur : dans la nuit de mardi à mercredi, en traversant le lac Tchad à pied, à cheval et en pirogue, c'est à un dispositif militaire puissant que les jihadistes ont dû faire face. Aucun civil de Baroua n’a d’ailleurs été blessé ou tué lors de cette offensive.
Le gouverneur de la région de Baroua veut désormais stimuler les populations :
Le message, c’est de tenir bon, de ne plus quitter les villages, exhorte-t-il. Le rapport de force va changer, nous n'allons plus accepter que les gens soient chassés à nouveau par Boko Haram. Et nous allons faire en sorte que les populations puissent revenir et rester définitivement dans leurs villages.
Pour les autorités, l’opération doit se poursuivre. Quelque 120 000 personnes sont toujours déplacées au Niger, et Baroua doit être l’exemple à suivre.
L'un de ces déplacés originaires de Baroua, Adam Boulama, est actuellement à Niamey, d'où il suit la situation heure par heure. « Les dernières attaques de Bosso n'ont pas réussi, l'attaque de Baroua leur a fait un grand coup, note-t-il. La situation a basculé en faveur, donc, du gouvernement et des populations. »
Pour lui, deux choses permettent aux habitants d’être en confiance : la volonté politique, mais aussi la présence de jeunes de la région au sein de contingents qui protègent la zone.
Si les enlèvements de civils par les éléments de Boko Haram sont en recrudescence, la volonté de résister se retrouve chez les jeunes. « Il faut absolument braver la peur, résister. La communauté a demandé elle-même à retourner sur place. Moi, je reste optimiste, nous allons y arriver », confie Mara Mamadou, de la société civile de Diffa.
Les autorités du Niger s’attendent à de nouvelles attaques de Boko Haram dans la zone du lac Tchad. Mais si l’on est loin d’un retour à la normale, la peur semble néanmoins, jour après jour, se réduire.
Depuis le lancement par les autorités, en juin, de l'opération, près de 26 000 personnes ont été reconduites dans 19 localités. Ce n'est qu’un début, mais les résultats semblent encourageants.
Source: Rfi
